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Attention : ce plan a ete pris sur internet chez un collegue, il complete ce que nous avons fait en classe.

 

Pbtique : En quoi cette plongée dans l’intériorité du narrateur est-elle également une plongée dans une nouvelle conception du romanesque ?

 

Révision rapide des valeurs de l’incipit : informer (intrigue, personnages, cadre spatio-temporel, horizons d’attente).

L’incipit, ou plus précisément la première phrase de L’étranger est une phrase célèbre : « Aujourd’hui, maman est morte ». Célèbre sans doute par l’étrange choix que de commencer un roman par un aussi sinistre événement, mais également parce qu’elle donne immédiatement le ton de l’œuvre, et qu’elle nous fait d’emblée entrer dans cette technique narrative si particulière, entre le récit et le discours.

En quoi cette plongée dans l’intériorité du narrateur est-elle également une plongée dans une nouvelle conception du romanesque ?

Nous chercherons donc à comprendre les raisons du malaise certain qui saisi le lecteur à la première lecture, mais surtout à en déduire les implications dans la construction du personnage ambigu qu’est Meursault.

 

 

 

 

  1. Une écriture désincarnée…

 

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    1. La découverte d’une intériorité

 

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      • Première personne et temps de l’écriture

 

Omniprésence du Je, choix des marqueurs temporels « aujourd’hui », « hier », « demain », « dans l’après-midi », « demain soir » : tendent vers le journal intime. Cependant, nous n’en avons pas les indices traditionnels (écriture sous forme de notes, indications de lieu et d’heure de l’écriture). Pas de logique narrative propre à ce genre.

Néanmoins, par emploi du PC, du présent de l’indicatif, du futur, nous sommes évidemment dans une forme de discours qui nous donne à voir l’intériorité d’un personnage, d’une conscience.

Personnage dont nous apprenons le nom par le hasard des événements racontés : « Mme Meursault », dit le directeur de l’asile, tout comme nous ne pouvons que deviner que l’action se passe à Alger. Ce qui ajoute encore à l’illusion du journal intime.

Pour conclure : temps isolant, et lecteur isolé dans le présent qui se déroule sous ses yeux. Mise à nu d’une conscience.

 

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      • Oralité apparente du discours

 

Qui va dans le même sens que les remarques précédentes. Phrases apparemment très simples : voir les trois premières lignes. Le discours est à peine plus construit que le télégramme retranscrit dans le premier paragraphe. Ecriture parfois même sous forme de notes : « cela ne veut rien dire », « toujours à cause de l’habitude », « C’était vrai ». Phrases réduite parfois à la plus simple construction grammaticale possible : noter par exemple la récurrence du schéma Sujet-Verbe-Complément. Les proposition sont placées de manière extrêmement classiques : « Comme il était occupé, j’ai attendu un peu ».

Marque du journal intime, mais également gage de vérité. Pas de réel mise en doute de la véracité des événements relatés : pas de soupçon du lecteur. Renforce d’autant plus cette entrée dans la vie – la conscience – du héros.

 

 

 

 

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      • Successions d’actions mécanisées

 

Premier malaise cependant apparaît très rapidement. La succession des événements est extrêmement brève, puisque les faits sont consignés de la manière la plus épurée possible. Par ailleurs, l’absence assez frappante de termes de liaison (asyndètes) crée l’illusion d’une succession d’action mécanisées : « l’asile est à deux kilomètres du village. J’ai fait le chemin à pied. J’ai voulu voir maman tout de suite. »

 

Conclusion partielle. Découverte d’une intériorité, certes. Mais d’une intériorité particulière qui, si elle semble s’offrir totalement au lecteur sans faire la moindre impasse sur les actions vécues, n’en est pas moins problématique par sa neutralité évidente. Le lecteur se trouve alors face à un genre romanesque inhabituel, et perd rapidement ses repères.

 

 

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    1. Une rupture avec les codes traditionnels du roman

 

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      • L’absence frappante de descriptions

 

Outre le style, la temporalité particuliers, la description est également source de malaise. Ou plutôt l’absence de descriptions.

Cet incipit fait apparaître un certain nombre de personnages, dont aucun n’est décrit. Ainsi, la mère du « maman est morte » n’est-elle jamais l’objet d’une description, alors même qu’elle est au centre de la narration de cet extrait. De la même manière, Le patron, Céleste, Emmanuel, Le concierge, le militaire sont réduits à leurs simples prénoms ou fonction, ainsi qu’à leurs propos. Seul le directeur de l’asile a droit à un semblant de description : « C’était un petit vieux », « il m’a regardé de ses yeux clairs ». Elle est cependant réduite à son minimum, et on ne sort ni de l’expression courante (petit vieux) ni de la construction grammaticale simpliste (yeux clairs).

Les lieux ne sont pas davantage l’objet de description. Finalement, les actions n’en prennent que plus d’importance encore, puisque le récit tout entier se concentre sur leur enchaînement.

 

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      • Vers une complète objectivité

 

L’étude des temps et des personnes du récit nous conduirait à parler en termes d’énonciation d’une focalisation interne (chaque événement est vu à travers les yeux du narrateur). Cependant, l’absence de description s’accompagne d’absence presque totale de subjectivité, d’implication personnelle de Meursault. Attention : il nous donne bien ses pensées, nous explique ses choix. Mais il le fait sans jamais mentionner une quelconque implication affective : « J’ai dit « oui » pour ne plus avoir à parler ». Mais on ne sait pas pourquoi il ne veut pas parler… Face à ce laconisme de l’expression, le lecteur est amené à formuler lui-même ses interprétations. Quoi qu’il en soit, l’impression d’objectivité est totale, de neutralité pourrait-on dire. Les autocorrections vont d’ailleurs dans le même sens, en montrant la volonté ferme de ne dire que le vrai : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier. Je ne sais pas ».

 

 

 

 

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      • Coller au plus près du réel ?

 

On se demande alors le but de ces exigences du récit. Est-ce dans un but réaliste ? Pour créer une écriture qui colle complètement au réel ? Cependant, le refus des descriptions tend à nier ce choix du réalisme. C’est au plus près de la conscience de Meursault que cette écriture nous place.

 

 

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    1. Le degrés zéro de la conscience

 

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      • Isolement du temps présent

 

A cause des temps utilisés (PC : non coupé de la situation d’énonciation, PI et FS), l’expression de la temporalité du narrateur est réduite au minimum. Impression que seuls les termes hier-aujourd’hui-demain sont pertinent dans la conscience de ce dernier. Isolement du présent de l’indicatif, qui reste la seule référence possible du narrateur : « Aujourd’hui », « hier » « enterrement demain ». Les trois instances temporelles apparaissent – et sont clairement mises en relief – dès les premières lignes du roman. On a l’impression que le narrateur ne peut ni se souvenir au-delà, ni se projeter plus loin que les « deux jours » de congé dans l’avenir.

 

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      • Disparition d’une échelle de relativité

 

A ce temps réduit à sa plus simple linéarité, s’ajoute un récit des événement qui semble faire abstraction de toute échelle d’importance. C’est peut-être cela d’ailleurs qui, dès l’incipit, crée ce malaise assez perceptible. Finalement, se poser la question de la date exacte de la mort de sa mère, parler au patron, rencontrer le directeur de l’asile sont des actes aussi essentiels pour le narrateurs qu’expliquer pourquoi Emmanuel a une cravate noire ou de préciser qu’il a fallu attendre un peu le directeur. Les événements s’enchaînent les uns aux autres dans la même linéarité, dans la même neutralité que le temps.

 

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      • Aucune implication personnelle du héros

 

D’où finalement cette impression finale que le héros ne s’implique jamais dans sa narration : tout est raconté sur le même ton, avec la même économie de moyens, rien ne distingue dans la narration l’événement qui semble majeur au lecteur – la mort de la mère – de la sieste contre le militaire.

La narration, privée de ses habituelles prolepse, ellipses, ou ralentissements divers, semble tellement plate et machinale qu’il semble alors qu’au-delà d’une écriture désincarnée, ce soit à un héros tout aussi privé de sens que l’on ait affaire.

 

 

  1. Pour un héros désincarné ?

 

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    1. L’indifférence totale de Meursault

 

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      • La mort de la mère

 

Et si cette indifférence est immédiatement perceptible, c’est parce que la narration débute par ce qui va être essentiel dans le roman : la mort de la mère. Pas un seul sentiment n’est exprimé sous la plume du narrateur face à cet événement tragique entre tous. Les trois premières phrases n’ont de but que la recherche de la date exacte de la mort, accumulant els autocorrection et les élucubrations (quoique rapides) du narrateur. L’enchaînement est immédiat entre la nouvelle et les modifications d’emploi du temps qu’elle entraîne : « je prendrai l’autobus », « j’ai demandé deux jours de congé », tout en montrant bien qu’elle ne bouleverse pas tant que ça les habitudes du narrateur : « j’ai mangé chez Céleste, comme d’habitude ». Il est impossible de relever dans notre extrait un seul modalisateur qui marque la tristesse du narrateur. Si certains éléments sont négatifs, ils sont contextuels et matériels : écourse », « cahots », « odeur d’essence », « j’ai attendu un peu », « m’a tenu la main si longtemps que je ne savais pas trop comment la retirer ». Ils ne sont pas liés directement au chagrin du deuil. Le lecteur n’est pas loin de croire que cette mort est surtout un bon prétexte pour avoir deux jours de congé : « il ne pouvait pas me les refuser, avec une excuse pareille ».

Enfin, le dernier paragraphe de l’extrait est même réellement choquant : il explique son refus d’aller voir sa mère parce qu’elle s’est habituée à l’asile, mais surtout à cause de « l’effort pour aller à l’autobus… ». La présence du tiret après « ça me prenait mon dimanche » accroît encore le décalage entre l’action peu glorieuse et son explication qui l’est encore moins. Plus le narrateur se force à décrypter avec lucidité ses actes, plus il semble inhumain.

 

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      • Les sentiments sont uniquement perceptibles chez les autres personnages

 

Finalement, les seules réactions « émotionnelles » à la mort de la mère sont celles des personnages de l’entourage de Meursault : « ils avaient tous beaucoup de peine pour moi », « On n’a qu’une mère », ou encore la longue poignée de main du directeur, sans doute destinée à montrer sa compassion. Mais non seulement les autres font preuve de sentiments qu’il ne dévoile pas, lui le premier concerné, mais encore ces effusions ont presque l’air de le gêner : Le constat de la peine de ses amis est si succinct qu’il semble étonné, la poignée de main l’embarrasse. Tout contact amical, qu’il soit de compassion circonstanciée ou amical (le sourire du militaire) est refusé, considéré comme gênant, voire impudique.

 

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      • Une expression réduite au minimum

 

Enfin, c’est l’absence des modalisateurs qui surprend principalement le lecteur. A des phrases à la simplicité presque scolaire s’ajoute une volonté ( ?) de neutralité, d’objectivité qui semble presque constante. Les seuls « commentaires » que se permet le narrateur sont à propos de tout autre chose que la mort de sa mère : « j’étais un peu étourdi » (parce qu’il a monté les étages ?).

 

 

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    1. Une logique déconcertante

 

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      • Une étrange utilisation des connecteurs logique

 

Mais au-delà de l’objectivité troublante du récit, la logique de la narration est elle aussi déconcertante. Nous avons déjà relevé les nombreuses asyndètes qui morcèlent le récit en action dénuées de tout rapport. Mais les quelques connecteurs logiques employés sont également marquants. Ainsi, lors de la scène avec le patron. « en somme, je n’avais pas a m’excuser », ou encore « pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte ». La réflexion du narrateur consiste à trouver les raisons de l’attitude peu agréable du patron, qui viendrait du caractère « non officiel » du deuil qui disparaîtrait après l’enterrement : « une affaire classée ». Le lecteur a du mal à suivre le raisonnement, et le paradoxe entre l’apaisement du patron et l’affaire classée de l’enterrement… De la même manière, dans le dernier paragraphe : « Elle aurait pleuré si on l’avait retirée de l’asile. Toujours à cause de l’habitude. C’est un peu pour cela que dans la dernière année je n’y suis presque plus allé ». Le « pour cela » est loin d’être évident : parce que sa mère est habituée ? Parce qu’elle n’aurait plus voulu sortir de l’asile ? La logique de la réflexion nous échappe – et accroît son aspect sordide.

 

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      • La nécessité du lecteur de combler les manques

 

Le lecteur est finalement obligé de combler seul les lacunes de la narration, de rajouter les connecteurs logiques où ils ne sont pas : « Il a perdu son oncle, il y a quelques mois », ou encore au début : « cela ne veut rien dire » (quoi donc ? les sentiments distingués ? Enterrement demain ? Mère décédée ? !) et de les expliciter où ils ne sont pas suffisants. C’est sans doute là une des raisons du malaise qui saisi le lecteur. Face à ces incertitudes, et devant la si apparente absence de sentiments du narrateur, le lecteur ne comble jamais ces manques à l’avantage de Meursault : c’est toujours l’explication la plus négative qui vient à l’esprit, toujours l’attitude la plus sordide que l’on comprend.

 

 

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    1. La lucidité comme nouvelle valeur

 

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      • Les marques implicites de l’affectif

 

En réalité, pour peu que l’on prenne le temps de relire l’extrait – ou que l’on fasse le choix de le lire sans accabler davantage Meursault, les marque d’affection sont présentes. Il suffit de lire autrement : « pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte ». Si Meursault attend l’officialisation de la mort de sa mère avec impatience, c’est peut-être parce qu’alors il ne sera plus aussi troublé par l’absence de date précise. C’est peut-être également parce qu’il aura réalisé ce qu’il ne veut pas encore comprendre. Pourquoi ne pas lire cela comme la marque d’un choc ? D’un déni ? De la même manière, son arrivée à l’asile est assez précipitée : « j’ai couru pour ne pas manquer le départ », « j’ai voulu voir maman tout de suite » : tout ceci indique un trouble certain, de même que son refus de parler au militaire dont finalement on ne connaît pas la cause (impossibilité de parler dans un tel moment ? pourquoi pas !). Enfin, le dernier paragraphe, aussi immonde soit-il dans les raisons pour lesquelles il n’a pas vu sa mère, montre une certaine attention à son bien-être. Loin d’être indifférent au récit des derniers mois de sa mère, Meursault est en mesure de confirmer – et peut-être peut-on même voir du soulagement dans le « C’était vrai » – les paroles du directeur. Dernière chose : l’emploi du terme « maman » et non « mère », qui pour enfantin qu’il soit reste un terme affectif.

 

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      • Un sentiment de culpabilité à fleur de peau

 

Le seul sentiment qui, finalement, transparaît clairement dans le texte, c’est le sentiment de culpabilité de Meursault. Que ce soit lorsqu’il parle à son patron (« ce n’est pas de ma faute », « je n’aurai pas dû dire cela », « je n’avais pas à m’excuser ») ou au directeur (« j’ai cru qu’il me reprochait quelque chose »), que ce soit même quand il commente les paroles de ce dernier (« C’était vrai ») . C’est à travers ce sentiment de culpabilité que se ressent le mieux l’affection de Meursault pour sa mère : s’excuser de sa mort, c’est en faire un événement sans importance ; l’avoir mise à l’asile, c’est pour lui la certitude qu’elle était plus heureuse et il a peur d’en douter ; enfin le « c’était vrai » sonne comme une manière de convaincre une dernière fois le lecteur du bonheur de sa mère. Finalement, loin d’être l’expression d’une indifférence totale à la mort de la mère, l’incipit peut-être lu comme l’image d’un homme qui cherche à se persuader, lui et les autres, qu’il fait en sorte que sa mère meure heureuse.

 

 

 

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      • Une valeur annonciatrice

 

Tous les éléments du procès qui seront utilisés contre Meursault se trouvent, finalement, concentrés dans cet incipit. La justification maladroite de l’internement de sa mère, la mécanisation des actions accomplies sous l’influence d’impressions et de sensations physiques (le sommeil dans le bus est causé par « cette hâte, cette course (…), ajouté aux cahots, à l’odeur d’essence, à la réverbération de la route et du ciel »), la chaleur (« il faisait très chaud ») qui accompagne tous les événement tragiques de la vie de Meursault, et en même temps ce malaise qui rend douteuses toutes les actions du personnage.

 

 

 

Conclusion : Cette première plongée dans le roman qu’est la lecture de l’incipit est particulièrement déconcertante dans le cas de L’Etranger. Coupé des codes traditionnels de la lecture romanesque, placé face à une intériorité dont il peine à comprendre le fonctionnement et le raisonnement, confronté à l’événement tragique de la mort de la mère et ne trouvant pas les réaction émotionnelles attendues, le lecteur ressent un malaise qu’il met immédiatement sur le compte du héros qui paraît particulièrement antipathique. En réalité, si Meursault est effectivement donné comme un degrés zéro de la conscience, il n’est pas pour autant un personnage si indifférent. Et son refus d’interpréter ses actes n’est pas tant la preuve d’un refus de communication ou d’émotion qu’un refus de ne donner qu’une signification aux choses. Au lecteur d’apprécier, de combler les manques de la narration, d’imaginer tous les possibles de ces actes, mais aussi de la laisser ouverte.


Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 09:18
- Ecrire un commentaire - Par marine cassier
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